Aujourd’hui, nous souhaitons vous parler d’un projet de film autour du deuil, un sujet trop souvent tabou mais pourtant au centre de nos vies. En tant qu’auteur de chansons, je peux vous dire que cette notion de deuil se cache derrière beaucoup de vers, et c’est d’ailleurs par la chanson que j’ai eu l’honneur de rencontrer l’équipe du film, le temps d’une soirée à Paris. Avant toute chose, commençons par le début avec une présentation plus en détail du projet…

Amande, qui a tout juste 30 ans, vient de perdre son fils, Gaspar. Sa souffrance et son désespoir sont incommensurables .

« Quand on perd son père ou sa mère, on est orpheline, quand on perd son conjoint on est veuve, mais quand on perd son enfant, il n’y a plus de mots. »

Après une telle épreuve les questions affluent : « Comment traverser cette souffrance ?  Vais-je retrouver goût à la vie ? Quel est cet élan de vie plus fort que la mort ? » Avec ses amis, elle décide alors d’entamer un véritable voyage initiatique dans les paysages spectaculaires de la Drôme, juste derrière chez elle. Son ami réalisateur, Nans, l’accompagne et lui prépare des rencontres avec des hommes, des femmes, qui ont aussi vécu le deuil mais qui sont aujourd’hui de vrais porteurs d’espoir. Sur la route, ils partageront leurs expériences, leur drame et surtout les ressources qu’ils ont découvert pour retrouver goût à la vie. C’est une aventure qui se partage, qui se crée en chemin.

L’histoire commence de mon côté le 5 mars, quelques jours avant notre déménagement. Entre deux cartons, je souhaitais écrire une chanson pour une chanteuse, Déborah, avec qui j’ai travaillé durant de jolies années dans mon ancien groupe « La ruelle en chantier » et le thème de « Et je choisis de vivre » a très vite collé à mon inspiration. J’ai essayé de retranscrire avec mes mots le ressenti d’une femme qui a perdu son enfant et qui choisit de poursuivre sa vie en pleine conscience de cette perte, s’en servant même comme une béquille pour continuer l’ascension de sa vie. L’écriture et la musique ont été composées en un après-midi (n’allez pas croire que c’est toujours aussi rapide !) et dans la soirée, j’ai envoyé l’enregistrement à Claire pour avoir son avis.

Directement, Claire m’a dit de la faire écouter à Nans. Ah ? Nous ne vous avons pas parlé de Nans ? Pas encore ! Petite digression : nous avons découvert Nans dans l’émission diffusée sur France 5, Nus et Culottés. Le principe : deux voyageurs, Nans et Mouts, partent complètement nus d’un coin de la France pour réaliser un rêve, parfois assez simple, parfois un peu fou, avec au cœur du concept, l’humain et la rencontre. Un vrai coup de cœur audiovisuel perdu au milieu du paysage télévisé français souvent bien insipide et par forcément bienveillant. Pour Claire et moi, cette émission s’est transformée en un rendez-vous estival, une petite bulle de bonheur que nous savourons à chaque fois. Et donc, Nans se trouve être le réalisateur du film « Et je choisis de vivre ».

Bref, revenons à notre histoire. Nous sommes toujours le 5 mars, il est 23h, j’envoie le message à Nans.

Le lendemain matin à 11h35, entre le démontage d’un chevet Ikéa et l’emballage des derniers livres, j’ai donc appelé Nans en prenant bien soin d’attendre 10 minutes pour faire genre, le mec cool, qui n’appelle pas dans la seconde, mais pas non plus le mec qui n’en a rien à faire (oui Nans, j’étais un peu en mode groupie en t’appelant… j’avoue). Et là, c’est allez… comment dire… fichtrement vite car le soir même, je me suis retrouvé à la conférence du 6 mars à Paris, menée par Nans et Armelle avec ma guitare et mon texte.

Durant la soirée, je peux vous dire que la machine à fabriquer des larmes a été mise à rude épreuve, les témoignages étaient incroyablement forts et étonnement optimistes, portant vraiment vers l’avant, sur l’inéluctabilité de la chute et ce besoin continuel d’écrire une suite, de donner du sens à quelque chose qui n’en a peut être pas mais qu’importe. J’ai retenu de la conférence la dureté de la perte d’un proche et cette impression que toutes les personnes qui le vivent ont le sentiment de s’isoler du reste du monde, ayant la sensation que personne ne peut être aussi triste qu’elle donc personne ne peut la comprendre et donc l’aider. Ce documentaire, je pense que c’est ça, un film pour nous dire « regarde, moi aussi j’ai souffert, moi aussi j’ai des cicatrices d’amour partout sur le corps, mais regarde au milieu de ma gueule d’abîmé, il y a un énorme sourire et une phrase qui dit « et je choisis de vivre ».

A la suite de cette soirée, j’ai tout de même envoyé l’enregistrement à Déborah (n’oublions pas qu’au tout début de l’histoire, la chanson ne devait arriver que dans sa boite mail). Nous avons alors enregistré à distance le morceau puis envoyé plusieurs versions à Nans. La dernière version a servi de clip hommage au projet. Je profite de cet article pour dire un énorme merci à tous les participants (dont vous retrouvez les noms en bas de page) et tout spécialement à Kim Mercet pour le travail de son sur le morceau et bien évidemment un merci affectueux et tendre à Déborah, c’est toujours un plaisir de créer avec toi 😉

Vous pouvez télécharger la dernière version ci-dessous, la partager, la jouer, la chanter… et je vous invite à soutenir le projet via le lien accessible plus bas.

Les chœurs :
Annie Pontieu
May Gaillard
Scarlett Gaillard
Gaëlle Féraud
Mila Angilieri
Léanne Angilieri
Julien Gayde
Lucie Gayde
Maurice Bonetti
Pierre Méric
Sylvie Sidlarewicz
Jackie Coupier

 

Olivier Vauquelin : prise de son Carillon
Kim Mercet : prise de son, mixage, montage, mastering
Déborah Luca : arrangements, voix, violon
Pierre-Marie Bennet : basse
Claire Mathely : pour la prise d’initiative 😉